Histoire du Blason

 blasonDepuis le 10 novembre 1814, les trois cœurs remplacent l’emblème du lion. Ils symbolisent l’union contractée entre les deux seules héritières de la commune se Sermensheim et la population de Réguisheim qui les accueillit quand sévissait en Alsace la peste noire au début du XIVe siècle.
C’est en effet vers cette époque que se situerait, selon la tradition populaire, l’évènement le plus émouvant et le plus bouleversant de l’histoire de Sermensheim. Cette bourgade était située entre Réguisheim et Munschhouse au croisement des routes actuelles Ensisheim-Hirtzfelden et Réguisheim-Munchhouse. Les tombes découvertes au Sud-Ouest de ce croisement au début du 19ème siècle, ainsi qu’un ilot de terre noire, le cimetière, émergeant de la glèbe sablonneuse et caillouteuse de cette région alors fertile ne permettent aucun doute sur l’existence de ce village. Mentionné dans des documents anciens, son nom fut également porté par une petite famille noble. Une croix de bois fixée à un petit oratoire est érigée à l’emplacement du cimetière, et le puits communal est les seuls vestiges du village disparu.
Une tradition orale, consignée dans les archives de la commune nous renseigne sur cette terrible catastrophe. Concernant la ci-devant commune de Sermensheim détruite par la peste noire en 1304……la peste noire ayant tué tous les habitants de la commune à l’exception de deux filles âgées de 15 et 18 ans, lesquelles se sont présentées à Ensisheim pour s’y réfugier. L’entrée dans cette ville leur fut refusée. Elles se présentèrent alors à Réguisheim où elles furent bien reçues et convenablement traitées, logées et nourries. A la suite de cette bonne réception, elles léguèrent tout leur banlieu (La Harthe) aux citoyens et habitants de Réguisheim. Ces terrains légués ont été, par la suite, partagés entre les bourgeois de Réguisheim à la jouissance viagère, « à la condition que chaque usufruitier payât sa quotte part des contributions à l’Etat, de son lot qu’il avait viagèrement en jouissance…. ». Dans son appendice aux notes historiques sur Réguisheim déposé le 30 juillet 1863 aux archives de la commune de Réguisheim, Charles Knoll, médecin vétérinaire à Soultz, fils du rédacteur de la Tradition populaire écrit : « ….un village a dû exister dans ces lieux, car les traces du cimetière que mon père a vues attestaient une assez forte population. D’après toutes les apparences, ce village n’a pas été détruit par les Suédois, car avant leur arrivée (1630), il n’existait plus…. Par contre, nous avons tout lieu de penser que cette localité fut anéantie par la peste…. Le fait est que la peste sévissait fortement en Alsace en 1538… C’est à cette époque que ce fait mentionné ci-dessus (l’histoire des deux survivantes) a dû se passer…. ».
Quoiqu’il en soit, à la mort des deux vielles filles, la commune de Réguisheim hérita du ban de Sermensheim. Dès lors, le village put faire figurer sur ses armories les trois cœurs rouges.